Comprendre le Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK)

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est une pathologie endocrinienne fréquente chez la femme en âge de procréer. Il se caractérise par un déséquilibre hormonal pouvant entraîner des cycles menstruels irréguliers, une ovulation moins fréquente ou absente, une production excessive d’androgènes (hormones dites « masculines »), parfois des troubles métaboliques tels qu’une insulinorésistance.

Les signes cliniques du SOPK

Le SOPK se manifeste différemment d’une femme à l’autre. Certaines présentent tous les symptômes, d’autres seulement quelques-uns. Parmi les plus fréquents, on retrouve (liste non exhaustive) :

  • Des troubles menstruels : cycles longs ou irréguliers, aménorrhée, règles peu abondantes ou très abondantes ;
  • Des difficultés à ovuler et à concevoir ;
  • Des manifestations cutanées et pilosité : acné persistante (souvent sur le bas du visage, le dos et le thorax), excès de pilosité (menton, lèvre supérieure, poitrine ou ventre), chute de cheveux diffuse ou localisée, souvent au sommet du crâne ;
  • Des manifestations métaboliques : prise de poids ou difficulté à maigrir malgré les efforts, insulinorésistance, risque augmenté de syndrome métabolique (surpoids, hypertension, dyslipidémie, trouble de la glycémie) ;
  • Autres manifestations : fatigue chronique, troubles de l’humeur (anxiété, irritabilité, voire dépression), baisse de l’estime de soi.

Comment diagnostique-t-on le SOPK ?

Le diagnostic repose sur les critères de Rotterdam, publiés en 2003. Le syndrome est confirmé si au moins deux des trois critères suivants sont présents :

  • Troubles de l’ovulation, voire absence d’ovulation ;
  • Hyperandrogénie validée par examen clinique ou bilan sanguin : excès d’androgènes visible par une acné persistante, une pilosité excessive (hirsutisme) ou une chute de cheveux (alopécie) ;
  • Aspect « polykystique » des ovaires à l’échographie : présence de nombreux petits follicules, sans qu’il s’agisse de kystes (≥12 follicules dans chaque ovaire mesurant de 2 à 9 mm).

En médecine conventionnelle, le diagnostic officiel repose principalement sur les critères de Rotterdam, mais d’autres recommandations internationales peuvent également être considérées (NIH 1990, AE-PCOS Society 2018).

À noter : Seul un médecin peut confirmer le SOPK, sur la base d’un examen clinique, de bilans sanguins et, si nécessaire, d’une échographie.

Le SOPK est multifactoriel et peut avoir plusieurs origines différentes.

Des profils différents selon les approches…

Certaines approches de santé fonctionnelle proposent une typologie “pédagogique” en quatre profils. Cette classification n’est pas reconnue scientifiquement mais peut être utile pour illustrer la diversité des mécanismes impliqués :

  • SOPK post-pilule : symptômes apparaissant après l’arrêt d’une contraception hormonale, parfois transitoires.
  • SOPK et l’inflammation chronique : associé à une inflammation chronique de bas grade. Il peut s’accompagner de difficultés de digestion et/ou de peau, de douleurs articulaires ou encore d’allergie.
  • SOPK de type insulinorésistant : lié à une résistance à l’insuline, avec hyperinsulinémie stimulant la production d’androgènes.
  • SOPK et le stress chronique : caractérisé par une surproduction d’androgènes par les glandes surrénales en réponse au stress chronique.

Une prise en charge personnalisée et globale

Il n’existe pas de traitement unique permettant de « guérir » le SOPK. Cependant, une prise en charge personnalisée et globale permet de mieux contrôler les symptômes et d’améliorer la qualité de vie.

Celle-ci repose sur :

  • Un suivi médical adapté ;
  • Une hygiène de vie équilibrée (nutrition, activité physique, gestion du stress, gestion du sommeil) ;
  • Un accompagnement psychologique si nécessaire.

Une prise en charge adaptée peut vous permettre d’améliorer l’équilibre hormonal, de soutenir la fertilité et d’optimiser la qualité de vie.

N’hésitez pas à vous faire accompagner.

Source : Escobar-Morreale HF. Polycystic ovary syndrome: definition, aetiology, diagnosis and treatment. Nat Rev Endocrinol. 2018;14(5):270–284. PMID: 33764273.